L'idée subtile derrière l'apprentissage à partir des grilles fortes : tout accord entre elles n'est pas bon à prendre. Certains placements partagés sont de vraies structures ; d'autres sont un piège commun qui plafonne chaque recherche juste sous le sommet. Distinguer les deux, puis attaquer le piège.
Chaque technique vue jusqu'ici traite l'accord entre grilles fortes comme un
atout : là où les bonnes grilles concordent, on les suit. Celle-ci décompose cet
accord, car une partie en est un piège. Quand de nombreuses recherches
indépendantes atteignent toutes une grille élevée mais imparfaite, elles
s'accordent sur un très grand nombre de placements ; une partie de cet accord est
une structure authentique, l'autre une mauvaise habitude partagée : un choix local
qui paraît bon, semble forcé, et plafonne discrètement chaque recherche juste sous
le sommet. Toute l'idée consiste à distinguer les deux, puis à attaquer le piège.
Un simple comptage ne peut pas séparer la vraie structure du piège, car les deux
apparaissent presque partout. L'astuce est de calculer deux fréquences pour
chaque motif candidat et de les comparer. Sur un corpus de grilles réparties sur
une large plage de scores, pour chaque paire de cases adjacentes et chaque paire
de pièces qui s'y trouve un jour, on mesure :
phigh=#{grilles≥460}#{grilles avec la paire, score≥460},pall=#{toutes les grilles}#{grilles avec la paire}
ainsi qu'un plafond : le meilleur score parmi les grilles contenant le motif.
Deux catégories émergent. Un bon consensus correspond à un pall élevé
avec un plafond élevé : un motif que les grilles fortes partagent et que les
toutes meilleures grilles conservent, une structure réelle et digne de confiance.
Un piège de consensus correspond à un pall élevé avec un plafond
bloqué juste sous le sommet : un motif que presque toutes les grilles adoptent mais
qu'aucune grille de tête ne retient, le mauvais choix consensuel qui verrouille
toute une famille sous le record. La vue à fréquence unique ne peut pas les
distinguer ; c'est le partage par bassin qui fait tout le travail.
▶Interactif : la carte des pièges, famille de coins par famille de coinsExplorer →
Savoir où sont les pièges transforme le corpus en une carte des placements à qui
faire confiance et de ceux à défaire. L'expérience PALIMPSEST
l'exploite pour diriger une recherche ALNS :
on prend une grille prise dans le bassin du piège, on cherche le coin dont le
retrait casse le plus de motifs-pièges tout en épargnant les motifs de bon
consensus, on brise délibérément ces cases, et on rend la grille à la boucle de
réparation, dont l'opérateur de destruction rouvre précisément ces régions brisées
et les reconstruit. Dirigée ainsi, elle a atteint 463, la meilleure grille produite
par ce projet (l'expérience PALIMPSEST,
dont la grille versionnée se reproduit via just research-record-boards).
La réserve est la leçon. Vouloir utiliser la liste des pièges directement, en
forçant la recherche à éviter chaque placement piégé, n'a pas fonctionné et a
dégradé les grilles. La valeur résidait dans la lecture du corpus pour choisir où
viser la recherche, non dans le codage en dur de ses conclusions en interdiction.
Une carte apprise est un bon repère pour orienter une recherche et un mauvais jeu
de chaînes à lui river, ce qui est la même frontière entre départage et objectif
qui traverse les a priori de corpus, vue
de l'autre côté : ici le danger n'est pas de surpondérer un bon signal mais de trop
se fier à un signal sur ce qui est mauvais.
Même parfaitement dirigée, cette approche ne franchit pas le sommet. Reconstruire
les régions piégées tend à ramener sur la même grille de tête déjà connue plutôt
que sur une grille véritablement nouvelle, car le piège n'est pas une erreur qu'une
recherche plus astucieuse éviterait ; c'est le mur de rigidité
lui-même. C'est le sujet de la page sur l'effondrement.