Quand plusieurs pièces conviennent, laquelle poser ensuite ? Plutôt qu'une seule règle empirique, on transporte plusieurs signaux appris des bons plateaux et on les fait voter. Le vote empêche la recherche de trop se fier à une intuition unique et de foncer vers la même impasse.
Lorsqu'on construit un plateau pièce par pièce, la décision difficile est de
choisir quelle pièce poser ensuite quand plusieurs conviennent tout aussi bien.
Une règle empirique unique - le coût le plus faible d'abord, la case la plus
contrainte d'abord - a tendance à conduire la recherche vers la même impasse à
chaque exécution. Un a priori de corpus
améliore les choses grâce à un signal appris. Cette technique va plus loin encore
en transportant plusieurs signaux appris à la fois et en les faisant voter, de
sorte qu'aucune intuition ne s'approprie à elle seule la décision.
À partir du corpus des bons plateaux, on peut apprendre plus d'une chose à la
fois, et les signaux sont de simples décomptes bon marché sur le même ensemble de
plateaux :
Pièce-en-position. À quelle fréquence une pièce apparaît dans une case
donnée à travers les bons plateaux : l'a priori positionnel de la page
précédente.
Adjacence de paires de pièces. À quelle fréquence deux pièces particulières
finissent au contact. Un voisinage que le décompte positionnel ne voit pas.
L'a priori de patch 2×2. Pour chaque petit patch de quatre cases, un rapport
de log-cotes lissé à la Laplace mesurant combien de fois il apparaît dans les
plateaux à haut score par rapport aux plateaux à bas score. Un patch courant
dans les bons plateaux et rare dans les mauvais obtient un score positif ; un
patch piège-à-consensus obtient un score négatif. C'est le plus tranchant des
trois, car c'est le seul qui oppose le bon au mauvais plutôt que de se contenter
de compter le bon.
À chaque étape, le faisceau évalue chaque pose candidate par son gain en arêtes
appariées augmenté d'une somme pondérée des trois signaux, et conserve les
quelques meilleures. Un peu de hasard injecté empêche les faisceaux parallèles de
s'effondrer sur un seul chemin.
▶Interactif : le vote de pose à trois signauxExplorer →
Chargement…
C'est l'expérience KEYRING,
un trousseau d'intuitions plutôt qu'une seule. Elle a atteint 460 dans une famille
de coins qu'aucune recherche antérieure n'avait su percer, et c'est là le vrai
bénéfice : puisque les bons plateaux sont connus pour occuper des bassins isolés,
un signal assez varié pour atteindre une nouvelle famille vaut plus qu'un signal
qui redécouvre un plateau déjà connu.
Un signal appris unique a le même mode d'échec qu'une règle unique écrite à la
main : partout où il se trompe, il se trompe à chaque fois, et il entraîne tous
les faisceaux dans la même direction. Trois signaux appris à partir de vues
différentes du corpus - position, adjacence et qualité de patch - se contredisent
en des endroits différents, et leur désaccord est précisément le hasard qui
maintient les faisceaux en exploration de régions différentes. L'a priori de patch
porte le plus de poids parce qu'il est le seul à encoder le mauvais : il peut
éloigner la recherche d'une pose, et pas seulement l'y attirer, ce qui est le
germe de l'idée qui mûrit en
fouille d'anti-motifs.
La même réserve que pour tout signal appris s'applique. Les trois a priori sont
extraits d'un corpus lui-même sous-optimal ; ils encodent donc autant le plafond
de la communauté que sa sagesse, et le vote atteint de façon fiable le sommet de
la portée de la recherche sans relever cette portée. L'endroit où se situe cette
frontière fait
l'objet de sa propre page.