Cette page constitue le standard éditorial qui sous-tend tout ce que contient le
laboratoire. Elle existe pour qu'un résultat parvienne au lecteur sous la forme
d'un objet rédigé, et non d'une note brute, et pour que les mêmes règles
s'appliquent quel que soit l'auteur.
La règle de base sur laquelle tout repose :
- Le travail non publié n'apparaît pas ici. L'endroit où un chercheur
conserve ses travaux en cours ne regarde que lui. Cela ne figure tout
simplement pas dans ce dépôt. Aucun brouillon inachevé ne traîne dans le
carnet publié.
- Le travail publié réside dans le laboratoire. Public, décanté, écrit pour
un lecteur. Il est arrivé là après relecture.
La publication se fait par pull request. Un chercheur ouvre une PR qui ajoute ou
promeut une page, et c'est lors de la relecture de cette PR que se décide la
publication, ainsi que le niveau auquel elle se fait. Rien n'entre dans les
archives publiques sans PR, et c'est sur la PR qu'un second lecteur la confronte
au standard décrit ci-dessous. Cela garde la relecture collégiale plutôt que d'en
faire une barrière lourde, et cela s'étend à de nombreux auteurs.
Trois axes décrivent chaque page#
Les tenir séparés, c'est toute la méthode. Il est facile de confondre « abouti »,
« reproductible » et « relu » en une notion vague de « terminé ». Ce ne sont pas
la même chose.
- Contribution : de quel type de résultat s'agit-il ?
- Niveau : jusqu'où la relecture est-elle allée ?
- Rigueur et reproductibilité : avec quelle fermeté l'affirmation est-elle
étayée ?
Plus l'attribution : qui a fait quoi.
Tout résultat n'est pas un solveur, et le carnet a cessé de faire comme si. Une
page déclare sa contribution :
- solveur : produit un plateau compétitif par recherche. Son score est un
véritable résultat de recherche. Seuls ceux-là gagnent une ligne au classement.
- analyse : démontre ou calcule une propriété d'un plateau existant ou de
l'instance. Elle ne produit pas de nouveau plateau.
- reconstruction : décode ou reconstitue le travail connu de la communauté
pour en extraire un enseignement. Le nombre est le leur, décodé.
- théorie : une propriété mathématique, une loi, ou une preuve
d'impossibilité.
- méthode : une technique décrite pour être réutilisée, non un run scoré.
- mesure : un benchmark ou une observation empirique sur les solveurs ou les
instances.
- résultat négatif : une impasse explorée avec rigueur. À part entière, non
reléguée en note de bas de page.
- outil et exposé : un artefact logiciel, ou une explication.
La distinction porteuse oppose le solveur à tout le reste. Un solveur par
rencontre au milieu (meet-in-the-middle) qui prouve qu'une fin de partie est
optimale est une analyse, non un solveur, et il n'a pas sa place sur un graphique
de scores même s'il émet un nombre. C'est en réglant bien cet axe que le
classement conserve un sens unique.
Cet axe est aussi une surface de navigation : l'index par
contribution regroupe les pages selon
l'étiquette qu'elles déclarent, si bien que les analyses, la théorie, les mesures,
et les impasses gardées comme résultats négatifs à part
entière ont chacune leur
propre étagère.
Une fois publiée, une page porte un niveau qui indique avec quelle fermeté elle a
été relue :
- Rapport technique : public, mais la relecture a seulement confirmé qu'il
est solide et honnêtement présenté, et non qu'il a été vérifié de façon
indépendante. La page porte un badge « rapport technique », de la même manière
qu'un preprint est estampillé « pas encore relu ». Un état de repos légitime :
tout n'a pas besoin d'aller plus loin.
- Résultat validé : un second lecteur, ou le même auteur après un temps de
décantation, a confirmé qu'il tient. Cité, traité comme quasi immuable ; les
corrections se font sur place, annotées.
Deux principes se transposent de la manière dont fonctionne la publication
scientifique ailleurs. Le niveau est estampillé sur la page, si bien que le
lecteur sait toujours ce qu'il a sous les yeux. Et la promotion se joue sur la
rigueur, non sur le résultat : une méthode solide qui n'a rien trouvé est publiée
comme résultat négatif, tandis qu'un résultat frappant obtenu par une méthode
bancale ne l'est pas.
Chaque page indique avec quelle fermeté son affirmation centrale est établie
(prouvée, mesurée ou conjecturée) et à quel point elle est rejouable. Pour tout
ce qui est quantitatif, le critère est simple : un nombre n'est publié que
lorsque sa configuration exacte et sa graine (seed) sont archivées et qu'il peut
être rejoué à partir de la documentation. Un score de benchmark sans
configuration rejouable n'est pas publié. Les contributions moins coûteuses
portent une exigence plus légère : un résultat négatif ou une explication demande
un raisonnement solide et des limites clairement énoncées, non un script de
reproduction.
Les pages de chaque chercheur se regroupent automatiquement sur sa page de
contributeur, dérivées de la signature, jamais listées à la main. Ajouter un
auteur revient à ajouter une entrée au registre et à écrire des pages en son nom.
Lorsqu'une page a plus d'une main, un rôle de contributeur léger (qui l'a
exécutée, qui l'a analysée, qui l'a validée, qui l'a rédigée) consigne la
répartition, afin que le crédit reste juste à mesure que le laboratoire grandit.
Lorsqu'un travail est terminé :
- Nommer la contribution. Solveur, analyse, reconstruction, théorie,
méthode, mesure, résultat négatif, outil ou exposé.
- Décider s'il est publié. On publie sur la rigueur, non sur
l'enthousiasme. Une impasse solide est publiée. Un nombre sans configuration
rejouable attend.
- Ouvrir une PR à un niveau. Rapport technique s'il est rédigé mais pas
encore vérifié de façon indépendante ; résultat validé une fois qu'un second
lecteur l'a avalisé.
- Le placer. Les solveurs et leurs semblables dans les expériences ; les
résultats structurels dans pourquoi c'est difficile ; les techniques dans
construire un solveur ; les mesures inter-solveurs avec les benchmarks.
- Ne le porter au graphique que si c'est un solveur.
Voilà tout le standard. Il est volontairement léger, car l'objectif est de
relever le niveau plancher de chaque page sans ralentir le carnet.